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CULTURE & SAINT TROPEZ

LE CHEVALIER TORPEZ

PROTAGONISTE ORIGINEL D'UN VILLAGE À L'HISTOIRE MILLÉNAIRE.

Pise, 1er siècle de notre ère. C’est ici que s’écrivent les premières lettres de l’histoire et de la tradition d’un des plus mythiques villages de France. Alors dirigé par Néron, l’Empire Romain et la Toscane verront naître en 37 celui qui donnera son nom à Saint Tropez, ainsi que son mythe originel.
Caïus Torpetius, alors garde impérial et intendant du Palais, mène une vie des plus respectables et se hisse rapidement au sommet de l’échelle militaire. Estimé de tous et proche du pouvoir, sa vie s’apprête à connaître un tournant dramatique, dans un Empire Romain vivant un âge de noirceur et de persécutions sous l’égide de Néron.

"AD USQUE FIDELIS", FIDÈLE JUSQU'AU BOUT.

Du fait de sa position, le “Chevalier Torpez” sera un jour amené à assurer la protection de Paul, le Saint Apôtre. Une rencontre déterminante, qui bouleverse sa foi à jamais et initiera sa conversion au christianisme, alors conspué par l’Empire. C’est en 68 que son imposture vis à vis de la religion imposée par Néron sera découverte ; Pise célèbre alors Diane, déesse de la chasse et de la procréation. Devant une nouvelle statue dressée à son effigie, l’audience s’agenouille. Tous, sauf un. Torpez, fidèle à sa foi naissante, n’abdique pas et reste debout, provoquant la fureur de Néron. Ce dernier lui donne alors l’injonction suivante ; au lendemain, Torpez devra s’agenouiller devant la déesse, ou mourir. Face à la fatalité de son sort, ce dernier se décide à périr fort de la foi qui l’anime, et se fera baptiser dans la nuit.

De retour à Pise au matin, fort d’une posture inchangée vis-à-vis de l’ordre de Néron, Torpez se voit alors condamné à une série de supplices qui l’élèveront au rang de Saint, pour les miracles qu’ils occasionnèrent. D’abord jeté dans une fosse aux Lions, ceux-ci s'inclinent devant lui comme de par respect. La foule s’embrase à la vue de cet épisode inédit. Décidé à en finir, Néron convoque Satellicius, ami de Torpez, afin que celui-ci le flagelle à mort. Ici encore l’impossible advient ; la colonne à laquelle Torpez est accroché s’effondre, et emporte avec elle le bourreau du Chevalier. La situation irrationnelle, qui déchaîne l’audience qui s’est dépêchée pour assister au supplice, oblige Néron à évacuer Torpez hors de la ville et sceller son sort de manière définitive. 

29 avril, an 68, fleuve Arno. C’est ici que sera décapité Torpez, et livré à un sort réservé jusqu’alors aux plus hauts degrés de trahison ; son corps sera déposé dans une barque, accompagné d’un coq et d’un chien - symboles des parricides - censés dévorer la dépouille. Seulement, Andronic, un proche de Torpez, réussit à récupérer sa tête pour l’y déposer en sécurité à Pise, où elle est encore louée dans une église de la ville de nos jours. La légende raconte que la barque, portée par les flots, sera guidée jusqu’au village alors nommé Heraclea et qu’une de ses habitantes en sera avertie dans un songe. Le coq s’enfuit alors, un brin de lin au bec, vers un la ville qui sera depuis nommée Cogolin “Coq au Lin”, et le chien à Grimaud, pour “vieux chien”. La dépouille du Chevalier Torpez, elle, sera retrouvée intacte et donnera son nom et légende à Saint Tropez, remplaçant Heraclea, et qui verra s’ériger une église pour le protéger.

Jusqu’à nos jours, chaque année la Bravade célèbre ce Saint Patron, la tradition et l’histoire locale, ainsi que sa devise ; Ad Usque Fidelis, Fidèle jusqu’au bout.

Placide COSTANZI, « Martyr de Saint-Tropez », Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de Pise